Les nationalistes basques obtiennent deux tiers des sièges au Parlement basque

Le PNV va rester au pouvoir avec le soutien des socialistes espagnols - Le nouveau statut reste en suspens

13 juillet 2020, par nationalia.info

Le nationalisme basque contrôlera plus des deux tiers des sièges du Parlement basque au cours de la législature 2020-2024, après que le PNV (centre-droit) et Euskal Herria Bildu (gauche) aient amélioré leurs résultats lors des élections d'hier. Le président basque Iñigo Urkullu (PNV) a tout en main pour diriger le gouvernement pour une troisième fois consécutive si, comme prévu, son parti arrive à tenir son accord actuel avec les socialistes (PSE-EE-PSOE).

Sur 75 sièges au Parlement, le PNV en a remporté 31, contre 28 en 2016. La deuxième place revient à EH Bildu, avec 22 sièges, soit 4 de plus que lors des élections précédentes. C'est le meilleur résultat jamais obtenu par l'alliance pro-indépendance.

Le PSOE s'est placé en troisième position avec 10 sièges, contre 9 auparavant. L'alliance Podemos-Gauche unie (Elkarrekin Podemos) a subi une forte baisse, passant de 11 sièges en 2016 à 6. Dans le même temps, une nouvelle alliance nationaliste espagnole de centre-droit, composée du PP et du Parti des citoyens, n'a réussi à remporter que 5 sièges (le PP en avait obtenu 9 il y a quatre ans). Enfin, l'extrême droite espagnole Vox est entrée pour la première fois au parlement basque, avec un siège.

C'est la troisième fois que le nationalisme basque dépasse les deux tiers

Depuis la fin du régime franquiste, les partis nationalistes basques ont dépassé les deux tiers des sièges du Parlement basque à deux reprises : lors de la première élection en 1980 et en 1986. Lors des élections de 1990, ils avaient remporté exactement deux tiers des sièges.

Depuis lors, les nationalistes basques ont toujours été en dessous de ce seuil, mais ils ont toujours maintenu une majorité absolue combinée. La seule exception à cette règle a été l'élection de 2009. À l'époque, l'interdiction des principaux partis de gauche indépendantistes a laissé au nationalisme basque 35 sièges sur 75, et a donc permis la formation d'un gouvernement nationaliste espagnol pour la première - et unique - fois.

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Nouveau statut basque toujours en suspens

Depuis son retour au gouvernement basque en 2012, le PNV s'est engagé à obtenir un nouveau statut qui déléguerait davantage de pouvoirs au Pays basque et établirait une relation bilatérale entre les gouvernements de Vitoria et de Madrid.

En 2018, le PNV et EH Bildu se sont mis d'accord sur les bases d'un tel nouveau statut, sur la base des travaux de la commission de l'autonomie du Parlement basque. Mais le processus s'est enlisé et, en 2019, trois projets de textes différents ont été présentés : l'un par le PNV, le PSOE et les Podemos - qui, de plus, ne contenait pas d'accord sur le droit de décider -, un autre par EH Bildu et un autre par le PP, appelant à la paralysie du processus.

Dans son manifeste 2020, le PNV soutient que le travail du Comité d'Autonomie doit se poursuivre, permettant d'aboutir à un accord sur une relation entre Euskadi et l'Espagne "de nature confédérale" qui reconnaîtra "l'identité nationale" du peuple basque.

Mais le manifeste de leurs alliés gouvernementaux, les socialistes espagnols, est assez éloigné de ces principes. Il parle d'une "mise à jour" du statut, sans faire aucune référence à une nouvelle dévolution des pouvoirs.

Le manifeste de EH Bildu comporte en effet la même référence que celui du PNV à un nouveau modèle "de nature confédérale". Mais tout comme le parti de gauche pour l'indépendance souligne que l'autonomie basque ne peut être "subordonnée" en Espagne, le PNV insiste sur le fait que tout changement doit se faire par des mécanismes juridiques et constitutionnels.

Article original publié le 13 juillet 2020 sur nationalia.info, sous licence CC by-nc-nd

Traduction : Vincent Andres, avec DeepL.com.


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