L'article ci-dessous n'est pas récent, nous l'avons néanmoins programmé car il nous semble sur plusieurs points, résonner hélas très fort avec l'actuel dénouement de la situation en Artsahk.




Tags : Liberté, Philosophie, Alliances politiques, relations internationales, libertarien, Ludwig von Mises, non-intervention, Écosse, sécession

Sécession et alliances internationales vont de pair

Par Edwin van de Haar

Il est important d'examiner la force intellectuelle des idées libertariennes concernant les relations internationales. Voici quelques réflexions - certes en partie seulement systématiques - sur la relation entre la sécession et les relations internationales. Ou plus précisément : certains libertariens sont positifs à l'égard de la sécession, mais en même temps négatifs à l'égard des alliances internationales. Comment ces deux positions sont elles reliées ?

On trouve des plaidoyers en faveur de la sécession dans les ouvrages de Von Mises, Rothbard, Hoppe et d'autres sommités de la pensée libertarienne, au sens large. Dans un chapitre informatif sur la question, le biographe de Mises, Jörg Guido Hüllsman (sur mises.org), a défini la sécession comme "la rupture unilatérale des liens (hégémoniques) avec un ensemble organisé plus vaste auquel les sécessionnistes ont été liés". Les sécessions sanglantes du Sud-Soudan ou de l'Érythrée en sont des exemples récents. Mais la question reste également d'actualité en Europe occidentale, par exemple en Écosse. Mon but n'est pas de souligner les échecs pratiques et les guerres associés à la sécession. D'un point de vue libertarien, le principal avantage de la sécession est qu'un groupe d'individus souverains décident eux-mêmes comment et par qui ils sont gouvernés, et dans quel type de régime cela doit se produire. Jusque là, aucun problème.

Supposons un monde où les sécessions se déroulent librement, pacifiquement et plus fréquemment qu'au cours des vingt-cinq dernières années, où le nombre d'États souverains vient d'augmenter d'une vingtaine de pays indépendants reconnus. Le résultat logique sera la fragmentation du monde en de nombreux petits États, ou entités de type étatique, de tailles différentes, composés de groupes de personnes différents. Peut-être certains de ces États se conformeront-ils à un idéal libertarien anarcho-capitaliste, donc avec un respect strict des droits de propriété et le recours à la défense militaire uniquement pour les violations manifestes de ces droits par d'autres. Cependant, il est peu probable que tous les États se comporteront de cette manière. Par conséquent, cela laisse beaucoup de causes possibles pour des conflits et de guerres internationales. Par exemple, comme il y a plus de frontières, il y a aussi potentiellement plus de conflits frontaliers, concernant les ressources naturelles, l'eau, les étendues de terre, etc. Bien sûr, les humains ne sont pas des anges, et aucun libertarien ne prétend jamais qu'ils le seront. Cela signifie simplement qu'aucune des autres causes de guerre n'est perpétuellement éradiquée dans un monde de libre sécession non plus.

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Alors comment se défendre dans une telle situation, en particulier lorsque votre État est beaucoup plus petit qu'un ou plusieurs autres États voisins ? Dans une telle situation, vous êtes incapable de vous défendre contre les menaces les plus viables. Même si vous vous déclarez un État neutre, il est peu probable que cela soit toujours respecté. Après tout, il faut être au moins deux pour danser le tango en politique internationale. Parmi les nombreuses possibilités de défendre vos droits de propriété et votre souveraineté, la négociation d'accords avec d'autres pays ou l'adhésion à une alliance internationale semble logique et potentiellement bénéfique (en fonction bien sûr des termes précis). Cela reviendrait à un système de multiples rapports de force dans le monde entier, très semblable par exemple à celui que Ted Galen Carpenter, ancien chercheur du Cato Institute, privilégie pour le monde actuel. Ce ne serait certainement pas l'idéal, et ne permettrait pas non plus d'éradiquer la guerre. Pourtant, cela permettra d'éviter de nombreuses guerres et de sauvegarder les libertés et les droits de propriété des participants.

Cela diffère considérablement des plaidoyers de personnes qui sont à la fois favorables à la sécession et qui appellent à une politique étrangère non interventionniste sans alliances, comme Rothbard, Ron Paul (voir par exemple dans cette colonne), ou de nombreux contributeurs sur www.lewrockwell.com.

Certes, la plupart de ces commentaires anti-alliance ciblent des aspects spécifiques de la politique étrangère américaine actuelle. Toutefois, cela reste pertinent d'exiger une cohérence théorique. Soit ces auteurs négligent qu'il pourrait y avoir un problème, soit ils choisissent de l'ignorer. Il est néanmoins important de reconnaître qu'il y a là un souci. Il est trop simple de rejeter les alliances internationales tout en embrassant la sécession en même temps.



Article original publié le 21.07.2014, sur notesonliberty.com
repris avec l'aimable autorisation de l'auteur

Traduction : Vincent Andres, pour libland.be.


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